Le dopage animal, pour quelques fromages de plus…

Depuis les années 1960, l’industrie agro-alimentaire assigne une politique de dopage hormonal sur les animaux d’élevage ((15) page 286). Qu’il s’agisse de stimuler leur croissance, leur fertilité, leur production laitière, ou de contrôler leur reproduction ((16) page 42), les biochimistes s’en donnent à coeur joie avec la manipulation de la physiologie animale, à grand renfort de stéroïdes anabolisants, d’oestrogènes, d’ocytocine, de progestagènes, de facteurs de croissance.

Ce que confirme l’Académie des Sciences dans son rapport de 2008 sur “Hormones, santé publique et environnement” ((12) page 286):

A la lecture des documents scientifiques produits par les vétérinaires, différents motifs sont invoqués pour leur utilisation:

–          l’amélioration de la productivité animale pour les facteurs de croissance: une plus grande quantité de protéines produites par kilo de fourrage;

–          un meilleur contrôle sanitaire: l’insémination artificielle réduit les risques de contamination infectieuse, et la maîtrise de l’oestrus rend l’insémination artificielle plus simple et moins coûteuse – on en revient toujours au facteur argent in fine-;

–          ou encore l’amélioration de la race, -toujours par l’insémination articielle-, c’est à dire une plus grande fertilité, et un volume de production de lait supérieur: ainsi la brebis Lacaune est-elle passée de 113l de lait annuel en 1970 à 260l en 1995 ((13) page 51), tout ça grâce aux hormones!

Ecoutons ce qu’en dit en 1971 le Dr Grandadam, directeur scienifique de la recherche vétérinaire chez Roussel Uclaf: “depuis quelques années, l’emploi d’un certain nombre de substances chimiques naturelles ou de synthèse s’est répandu en élevage dans le but de contrôler la reproduction. Il s’agit, soit de contrôler le moment de l’ovulation et de l’œstrus chez la vache, la brebis, la chèvre et la truie pendant la saison de reproduction pour permettre de grouper la fécondation et par conséquent les naissances. Ceci a également pour but de généraliser l’emploi de l’insémination artificielle… On cherche aussi à provoquer chez la brebis et chez la chèvre l’apparition des phénomènes de reproduction en dehors de la saison où ils se produisent normalement. Enfin une dernière application de ces substances a été recherchée: permettre une fécondation plus précoce que d’habitude après la mise-bas… Cette méthode a été essayée, pour la première fois en 1948, par Dutt et Casida chez la brebis. Ces auteurs ont, tout simplement, utilisé la progestérone injectée tous les jours”. (1)

Ou encore l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) en 2016: “Le traitement hormonal d’induction et de synchronisation de l’oestrus et de l’ovulation a été une technique de choix pour l’application de l’IA [IA=Insémination Artificielle- note de l’auteur] à grande échelle en élevage… En effet, l’IA est le moyen le plus efficace de prévenir la transmission de maladies” (5).

Pourtant cette méthode hormonale présentait des inconvénients, notamment une baisse de la fertilité consécutive au traitement par la progestérone: “… Il n’en reste pas moins, que chez les ruminants, nous ne savons pas encore qu’elle pourrait être l’hormonothérapie de ces troubles de la reproduction qui sont dus à l’emploi des synchronisateurs d’œstrus”(1).

Ce problème fut ensuite résolu par l’ajout d’autres substances chimiques, l’eCG – une choriogonadotrophine d’origine équine, – oui on administre une hormone de cheval aux chèvres et aux brebis- et du cloprosténol, – un analogue de synthèse de la prostaglandine F2α-  à la fin de la cure hormonale (5). Autrement dit, le désir d’”améliorer” la productivité animale par la pharmacologie était si fort, que les problèmes soulevés par son usage furent réglés par un usage plus massif encore de traitements médicamenteux.

Pourtant, comme le reconnaissent les vétérinaires de l’INRA en 2016, “L’administration répétée au cours de la carrière de eCG chez la chèvre conduit à la production d’anticorps anti-eCG, réduisant l’efficacité du traitement et conduisant à une diminution de la fécondité après IA (Roy et al., 1999-(in 5). En outre, eCG est purifié à partir de tissus d’origine animale, les risques associés à la présence possible d’agents pathogènes dans les extraits commerciaux de eCG restent possibles (European Food Safety Authority , 2010 (in 5)).”(5)

L’affaire est compliquée: on utilise depuis les années 1980 à grande échelle une hormone de synthèse, dérivée de la progestérone qu’on introduit dans le vagin des chèvres et des brebis à l’aide d’une éponge, couplée à une hormone de jument, et à des dérivés synthétiques de prostaglandines qu’on leur injecte, pour pouvoir les soumettre à une insémination artificielle, destinée à améliorer l’état sanitaire des mêmes chèvres et brebis… Troublant non?

Mais au fait, comment faisait-on avant que les biochimistes ne décident de mettre bon ordre au “chaos” biologique naturel? “Naturellement, dans les élevages caprins les plus traditionnels, lorsque les boucs sont laissés en permanence toute l’année avec les femelles, un saisonnement important des dates de fécondation apparaît. Toutes les femelles mettent bas aux alentours de février ou mars, puis après une période de lactation de 6 à 7 mois, ne produisent plus de lait de septembre à janvier”((11) page 8), nous dit le Dr Lemeiter. L’avantage de l’insémination artificielle -qui est le motif invoqué par les vétérinaires pour le déssaisonnement (ie le décalage de la période de reproduction)- ne porte donc pas tant sur la synchronisation des gestations, que sur la protection sanitaire et le contrôle génétique; une protection sanitaire vis à vis des risques infectieux qui n’a pas été mise dans la balance avec l’introduction de nouveaux risques liés aux hormones.

Mais il y a un autre avantage au contrôle de la reproduction, à caractère immédiat pour l’éleveur: “Le désaisonnement des mises bas apporte donc un certain nombre d’avantages aux producteurs de lait ou de fromages. Tout d’abord, pour les deux types de production, il entraîne généralement une augmentation de la durée des lactations. En effet, les mises bas ont lieu plus tôt et les tarissements se produisent toujours à l’automne, probablement sous l’effet de la photopériode. Ensuite, pour les éleveurs producteurs de lait, il permet la commercialisation à une période plus favorable quant au prix et, pour les producteurs de fromages, il autorise l’étalement des débuts de lactation, ce qui conduit à une meilleure régularité de production qualitative et quantitative. Enfin pour les éleveurs sous AOC, il permet de se conformer parfaitement aux cahiers des charges de leur appellation par la production de fromages frais toute l’année” ((11) page7)

Pour la Fédération interdépartementale des entreprises d’élevage, le désaisonnement est vivement conseillé: “Aujourd’hui, tout le fonctionnement de l’exploitation est lié: le désaisonnement permet d’étaler la production, notamment au printemps où il est intéressant d’écrêter le pic de production. Cela permet de soulager le travail en fromagerie, qui est dimensionnée pour fonctionner avec 2 lots (d’un point de vue matériel, surface et main d’œuvre). Même s’il n’y a pas d’arrêt complet de la production, on ressent 2 périodes creuses (4 mois de tarissement avec les 2 lots) où il est possible de prendre des congés. Nos prix de vente sont plus élevés en automne-hiver avec les clients indirects, couplés à des rendements plus hauts.  (7)

D’ailleurs, le projet international “Flock-reprod” conduit par CAPGENES entre 2009 et 2013 a confirmé la dépendance des producteurs vis à vis de l’entreprise collectrice de lait, plus ou moins incitative à prolonger à la lactation en hiver, par une variation des prix plus ou moins marquée (6).

Chez les éleveurs qui vendent le lait, le prix de celui-ci peut varier fortement avec la saison, de façon inversement proportionnelle aux volumes collectés, conduisant parfois à une différence de 229 euros par 1000 litres de lait”. ((11) page 14) (Chiffres de 2004, note de l’auteur).

Il y a donc des raisons convergentes au développement de la stratégie de contrôle hormonal de la reproduction par l’industrie pharmaceutique, et à son adoption par les éleveurs: développement du marché vétérinaire pour les premiers, perspectives de productivité accrue et d’amélioration des conditions de travail pour les seconds.

Aussi ce programme de contrôle pharmacologique de la performance animale est-il largement adopté en France:

((12) page 299)

Que savons-nous des conséquences de l’utilisation d’hormones progestatives chez la chèvre sur la santé de la chèvre elle-même, sur l’environnement et sur le consommateur de fromage?

La réglementation de l’utilisation d’hormones chez l’animal varie suivant les régions du monde. En France, c’est la réglementation européenne qui prévaut: “… L’utilisation de progestagènes est soumise depuis 1996 à une limite maximale de résidus (LMR) autorisée dans le lait (96/22/CE). Une nouvelle éponge vaginale avec une concentration plus faible FGA (20 mg au lieu de 45 mg) a été mise sur le marché depuis Juin 2008 en France. Toutefois, les résidus de FGA [FGA= acetate de fluorogestone, un dérivé progestatif, note de l’auteur] dans le lait restent supérieurs à la LMR au cours des 36 heures qui suivent l’insertion de l’éponge vaginale, de sorte que le lait produit durant cette période ne peut être vendu en raison de cette nouvelle réglementation” (5).

Or, cette interdiction de commercialisation du lait jusqu’à 3 jours après la fin du traitement progestatif semble limitée à la France: “Moreover, the current legislation compels French farmers to discard from consumption any goat′s milk produced in the first days following the use of a progestagen treatment. This requirement leads to a significant economic loss for breeders”. (6)

Le document de 2005 (2) de l’Agence Européenne d’Evaluation du Médicament relatif à la toxicité de l’acetate de fluorogestone atteste de certains manques dans l’analyse du produit:

Les études sur les résidus dans le lait et la chair d’animaux traités montrent que leur consommation peut conduire une personne de 60kg à ingérer 97% de la dose admissible journalière de FGA. ((2) paragraphe desconclusions):

En parallèle ces hormones sont excrétées par l’urine des animaux et se retrouvent dans l’environnement, où elles restent actives, plus de 5 mois pour un dérivé de la progestérone, l’acetate de mélengestrol:

((12) page 319) (MGA= acetate de mélengestrol, un autre progestagène que FGA, note de l’auteur).

Certes d’autres méthodes sont en cours de développement, pour conserver le contrôle de la reproduction, alternatives aux hormones de la reproduction. Ainsi la mélatonine remplace de plus en plus la progestérone, associée ou pas à des techniques de photopériodisation, c’est à dire d’exposition de l’animal à une source lumineuse afin d’influencer sa propre sécrétion de mélatonine, qui déclenche l’oestrus, les chaleurs et la fécondité chez les petits ruminants que sont chèvres et brebis.

((12) page 301)

Résumé sur le désaisonnement par Mélatonine tiré de: “Utilisation de la mélatonine en élevage caprin” thèse pour le doctorat vétérinaire de Jérôme Lemeiter en 2004 (11)

Découverte en 1958 par Aaron B Lerner (INRA, 2003), la mélatonine est une substance naturellement présente dans l’organisme de tous les mammifères et très répandue dans le monde vivant. Sa sécrétion est commandée par la perception jour/nuit.

La mélatonine est synthétisée et sécrétée uniquement pendant la période nocturne, par la glande pinéale, elle présente des concentrations dans le sang périphérique multipliées au moins par 50 à l’occasion du passage lumière/obscurité (figure 5) (Delgadillo et Chemineau, 1991 in (11)).

Les femelles recevant le traitement quotidiennement ou portant un implant sous-cutané permettant une libération continue, déclenchent leur activité un mois plus tôt que les témoins (Ronayne et al., 1989 in (11)). ((11) Page 19)

La durée optimale pour un traitement sous forme d’implants souscutanés est sans doute aux alentours de 70 jours.…Des implants de Mélovine® sont utilisés. Il s’agit d’implants de trois millimètres contenant dix-huit milligrammes de mélatonine; déposés à la base de l’oreille de la chèvre.

La Mélovine® ne possède une autorisation de mise sur le marché (AMM) que pour les ovins. Cependant, deux éléments permettent aux praticiens de prescrire Mélovine® pour l’espèce caprine:

                La mélatonine est classée pour les ovins et caprins dans l’annexe II du règlement (UE) n°2377/90 sur les limites maximales de résidus par le règlement N°508/1999. Cette annexe contient les substances pour lesquelles il n’apparaît pas nécessaire pour la protection de la santé publique de fixer une limite maximale de résidus (LMR);

               La mélatonine, conformément à l’article L5143-4 du code de la santé publique, ne pose aucune inquiétude vis à vis des résidus potentiels dans la viande ou le lait. ((11) page 21).

Autre bonus de la mélatonine, elle augmente la fertilité et permet l’obtention de jumeaux:

“L’utilisation de Mélovine® selon les recommandations: • est efficace pour toutes les races ovines testées, indépendamment de leur capacité à désaisonner ; • relance efficacement le cycle sexuel chez les brebis comme les béliers ; • fournit des résultats de fertilité en avance de saison comparables à ceux obtenues en saison avec la monte naturelle ; • produit plus de doubles, sans augmenter le taux de triplés ou quadruplés”. ((13) Page 49)

La manipulation de la photopériode seule est une autre technique…

“La manipulation de la photopériode permet de maîtriser la saisonnalité et de rendre possible la reproduction en dehors de la saison sexuelle. Les traitements photopériodiques sont basés sur la perception par les animaux d’une alternance de jours longs (JL : plus de 12h de lumière par jour suite à des jours courts) et de jours courts (JC : moins de 12h de lumière par jour suite à des jours longs), alternance qui existe en photopériode naturelle (Chemineau et al., 1992 in 5)… En pratique, en bâtiments ouverts les JL sont administrés en éclairant les animaux avec de la lumière artificielle, ou bien en profitant des jours longs naturels. Les JC sont obtenus soit en profitant de jours courts naturels soit plus fréquemment, en posant par voie sous-cutanée des implants de mélatonine qui miment des jours courts (Chemineau et al., 1992, 1996 in (5))” (5).

… Ou encore “l’effet mâle”

“L’introduction de mâles sexuellement actifs, munis de tabliers en cas de recours à l’IA, peut induire l’activité ovulatoire au cours de l’anoestrus saisonnier chez des chèvres réceptives anovulatoires. Ce phénomène est appelé «l’effet mâle»… La mise au point de protocoles d’IA après effet mâle sans recours aux progestagènes est en cours à l’INRA.” (5)

C’est que l’utilisation d’hormones progestatives, non seulement comporte des zones d’ombre comme on l’a vu, concernant le risque d’une consommation supérieure à la limite maximale recommandée, ou d’une ingestion indésirable par contamination des eaux de boisson à partir des urines des chèvres et brebis traitées, sans parler du risque de consommer un lait indûment commercialisé pendant la période de traitement de l’animal, mais l’effet de ces hormones sur les organismes des personnes qui consomment lait et fromages de chèvres et de brebis est controversé.

((12) page 309)

Or, ce qu’a montré Sheehan en 2006, c’est précisément l’absence de seuil de non toxicité, l’absence de sécurité à faible dose, et la nécessité de prendre en compte la sommation des effets de multiples substances chimiques agissant par les mêmes mécanismes sur les organismes. (16)

L’extrême difficulté à rendre compte des effets cumulatifs d’agents chimiques multiples, ingérés à notre insu, rend finalement impossible la pleine évaluation du risque sanitaire pour les consommateurs, les chèvres, les brebis, les éleveurs, de ces traitements au long cours. C’est pourquoi certains scientifiques en appellent aujourd’hui au principe de précaution pour limiter drastiquement l’usage des substances hormonales, et les instituts de recherche planchent sur des alternatives moins toxiques, moins violentes aussi pour la physiologie animale.

L’Académie des Sciences termine son rapport de 2008 sur “Hormones, santé publique et environnement” en recommandant l’utilisation de méthodes alternatives aux traitements hormonaux: “

((12) page 328)

Clairement, les consommateurs citoyens n’ont pas été invités dans un débat public sur l’évaluation de la balance bénéfices/risques de ces technologies pharmacologiques invasives qui impactent la vie de l’animal, son bien-être, sa santé, la qualité des produits qui en sont issus et la sûreté des consommateurs qui s’en nourrissent. L’information citoyenne est le moyen privilégié, en parallèle avec les démarches de professionnels soucieux de qualité, de durabilité et de santé, pour faire pencher la balance en faveur d’une production agricole plus respectueuse des intérêts des consommateurs et des animaux. Chèvres, brebis, producteurs engagés et consommateurs avertis partagent ici un même projet: des animaux et des producteurs sains pour une nourriture saine!

 

Références bibliographiques

1/ Aspects futuristes de l’hormonothérapie liée à la sexualité (Grandadam 1971): https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=sat-003:1971:113::939

2/ EMA 1999 sur acetate de fluorogestone: http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Maximum_Residue_Limits_-_Report/2009/11/WC500014295.pdf

3/ EMA 2005 sur acetate de fluorogestone: http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Maximum_Residue_Limits_-_Report/2009/11/WC500014295.pdf

4/ https://en.wikipedia.org/wiki/Flugestone_acetate

5/ “Alternatives à l’utilisation des hormones exogènes pour la maîtrise de la reproduction des caprins laitiers” INRA 2016  https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01278829/document

6/ flock-reprod report: https://cordis.europa.eu/result/rcn/141722_fr.html

7/ http://www.fidocl.fr/content/desaisonnement-de-la-production-caprine

8/ cahier des charges élevage bio: http://www.agencebio.org/sites/default/files/upload/documents/3_Espace_Pro/RCE_BIO_834_2007_oct08.pdf

9/ Evaluation par EMA de l’acetate de fluorogestone http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Maximum_Residue_Limits_-_Report/2011/10/WC500116171.pdf

10/ alternatives à l’utilisation d’hormones exogènes pour la maitrise de la reproduction https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01278829/document

11/ “Utilisation de la mélatonine en élevage caprin” thèse pour le doctorat vétérinaire de Jérôme Lemeiter 2004 http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=665

12/ Académie des sciences “Hormones, santé publique et environnement” 2008 http://www.toxicologie-clinique.org/rapport8.pdf

13/ https://www.doc-developpement-durable.org/file/Elevages/Moutons-Ovins/Guide_Mouton_121103.pdf

14/ Roy F., Maurel M.C., Combes B., Vaiman D., Cribiu E.P., Lantier I., Pobel T., Delétang F., Combarnous Y., Guillou F., 1999. The negative effect of repeated equine chorionic gonadotropin treatment on subsequent fertility in Alpine goats is due to a humoral immune response involving the major histocompatibility complex. Biol. Reprod. 60, 805–813. (cité en 5)

15/ European Food Safety Authority (EFSA), 2010. Scientific Opinion on Risk of transmission of TSEs via semen and embryo transfer in small ruminants (sheep and goats.  EFSA Journal 2010; 8(1):1429. (cité en 5)

16/ https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=sheehan+DM+2006++risk+assesment