Guide pratique de protection contre les perturbateurs endocriniens

Comment vous protéger des perturbateurs endocriniens?

Compte tenu des insuffisances de la réglementation européenne en matière de perturbateurs endocriniens, qui soit les ignore, soit adopte un filet à grosses mailles (pour les biocides et pesticides), et compte tenu de la pusillanimité de la nouvelle stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (138), les initiatives privées en matière de protection vis-à-vis des risques liés aux perturbateurs endocriniens sont indispensables :

Au niveau individuel, par toutes les mesures de réduction de l’exposition accessibles aux personnes ; au niveau des collectivités : écoles, crèches, établissements publics et entreprises privées, parcs et aménagements urbains, etc ; au niveau départemental régional et national : les instances spolitiques peuvent et doivent être mobilisées pour la protection des populations : les associations se mobilisent sur ces thématiques.

Au niveau de la sphère marchande : les consommateurs peuvent, à titre individuel et par l’action collective via des associations, peser sur les choix des industriels, fabricants, distributeurs, décideurs en sélectionnant les produits garantis sans perturbateurs endocriniens, et en incitant les entreprises à utiliser des substances non toxiques.

Quelles mesures sont-elles accessibles à l’échelle individuelle pour réduire notre exposition aux perturbateurs endocriniens?

Il faut d’abord garder à l’esprit l’impact de ces produits aux plus faibles doses: pour éviter l’intoxication par des perturbateurs endocriniens il faut rechercher autant que possible une éviction complète de ces substances (9). A défaut, on cherchera à minimiser le risque, en réduisant l’exposition aux multiples sources des perturbateurs endocriniens, par des mesures portant sur tous les aspects de notre environnement: alimentaire, soins, habitat, etc.

Chaque lieu de vie comporte des sources de contamination spécifiques, identifions les:

Aménagement de l’environnement intime:
La cuisine:

Aliments

Évitez les aliments conditionnés et transformés (additifs et plastifiants), préférez les produits:

    • frais, plutôt que conservés,
    • non transformés,
    • sans emballage plastique,
    • certifiés Agriculture Biologique,
    • d’origine locale.
  • Cuisinez vos repas le plus souvent possible en partant de produits de base.
  • Préférez les aliments certifiés issus d’agriculture biologique dans la mesure du possible. attention le label bio n’exclut pas l’utilisation de substances chimiques, il la la limite seulement.
  • L’application YUKA peut vous aider à sélectionner fruits et légumes, en évitant les additifs et pesticides.
  • Lavez et épluchez les fruits et légumes ni Bio ni Démeter pour éliminer les résidus de pesticides, fongicides, herbicides.
  • Limitez votre consommation de fruits et légumes non Bio non épluchables, comme les fraises les cerises et le raisin, qui sont le plus exposées aux pesticides, ou le céleri branche, préférez toujours les fruits sans peau Bio.
  • Utilisez des systèmes de filtration d’eau du robinet, à base de charbon actif, pour éliminer les traces de médicaments, de phtalates et de bisphenol, liées à la migration depuis les matériaux des canalisations.
  • Sélectionnez des aliments de qualité:
    • La sélection d’une viande de qualité passe par:
      • Vérifiez la présence d’un label AB délivré par Ecocert, qui garantit l’absence d’OGM dans l’alimentation de l’animal, une qualité de vie décente pour les animaux, une alimentation issue de l’agriculture biologique pour les animaux, et un usage raisonné des médicaments;
      • Vérifiez auprès d’un professionnel de confiance dont la viande est produite localement, dans les meilleures conditions, issue d’un animal qui a pâturé librement, qui a mangé de l’herbe plutôt que des tourteaux de soja;
      • Vérifier l’origine française de l’animal, né, élevé et abattu en France, pour éviter toutes les dérives liées aux transhumances commerciales des animaux;
    • La sélection du poisson est encore plus exigeante:
      • Evitez les gros poissons gras sauvages qui accumulent les métaux lourds dans leurs chairs;
      • Evitez également les poissons d’élevage non bio, comme les saumons de Norvège, qui contiennent des pesticides en quantité élevée, utilisés pour tuer les pous qui pullulent dans l’eau de leurs cages, du fait de leur concentration excessive;
      • Privilégiez les petits poissons, qui n’ont pas accumulé ces métaux lourds, comme les sardines, les harengs, les maquereaux;
      • Préférez le poisson frais du pêcheur artisanal au poisson surgelé des bateaux usines qui laminent le fond des océans;
    • Le choix des fruits et légumes obéit aux mêmes principes:
      • Privilégiez le bio, au moins l’agriculture raisonnée;
      • Privilégiez le local, sur les légumes venant d’autres régions (ils sont cueillis verts) ou d’autres pays (ils peuvent être contaminés par des pesticides interdits en France).

Ustensiles de cuisine

    • Préférez la fonte et la céramique aux revêtements anti-adhésif.
    • Jetez au moindre signe d’usure les poêles et casseroles couvertes de revêtements teflon.
    • Préférez une bouilloire en inox plutôt que plastique
    • Utiliser des ustensiles de cuisine en bois et métal plutôt qu’en plastique
    • Préférer les cuiseurs vapeur en métal et en verre plutôt que les compartiments en plastique; le cas échéant vous assurer que les cuves plastiques sont code 2,4 ou 5.

Emballages des aliments

    • Utilisez autant que possible vos propres emballages: cabas, sachets en tissu pour les fruits et légumes, pots en verre pour les sauces et les olives…
    • Sortez vos aliments des emballages plastiques dès que possible et entreposez les dans des récipients inertes: céramique, verre, métal.
    • Ne laissez pas fromages et viande dans leur papier alimentaire, enduit de cires, paraffines et silicones: ne les chauffez jamais dans ce papier.
    • Ne réchauffez pas les aliments au four micro-ondes dans un emballage plastique mais un plutôt un contenant en verre, ou en céramique.
    • Utilisez des gourdes en verre ou en métal (en vous assurant que sa paroi intérieure n’est pas recouverte d’un film plastique) plutôt que des gourdes en plastique.
    • Évitez d’utiliser des bouteilles, des gobelets et couverts en plastique. Dans tous les cas, ne les chauffez jamais.
    • Évitez les aliments en conserve métallique (l’intérieur est enduit d’un film plastique, le bisphénol A est remplacé depuis 2015 par du bisphenol S et F, aussi dangereux). Préférer les conserves et les boissons en bocaux de verre.

Apprenez à reconnaître les plastiques des bouteilles et des pots

    • Identifiez sur le fond des contenants en plastique les numéros qui correspondent à leur composition: les codes 2, 4 et 5 sont utilisables au four à micro-ondes, mais il est conseillé de leur préférer les matériaux inertes; les autres plastiques relarguent des perturbateurs endocriniens. En pratique, évitez tout contact alimentaire avec les plastiques codes 3,6,7 (123).

Wikipedia codes SPI des plastiques (122)

    • Ne pas boire de boisson chaude dans des gobelets en plastique autres que code 2,4 ou 5.
    • Ne pas conserver plusieurs mois, ne pas entreposer à proximité d’une source de chaleur (migration d’antimoine dans l’eau), ni réutiliser les bouteilles plastiques des eaux minérales et jus de fruits, en PET code 1.
    • Ne pas utiliser de film plastique étirable pour emballer les aliments (c’est du PVC code 3, dont les phtalates migrent volontiers dans la graisse du fromage et de la viande).

Cuisson des aliments

    • Limitez la cuisson des aliments au charbon de bois (hydrocarbures polycycliques) qui doit rester festive et exceptionnelle.

Aération de la cuisine

    • La cuisine doit être ventilée en priorité du fait des émanations de cuisine malsaines (acroléine); outre laVMC et la hotte aspirante, n’hésitez pas à aérer la pièce en cours de cuisson.
Les produits d’entretien dans la maison:
  • Utilisez des produits ménagers bio ou d’origine naturelle (vinaigre blanc, bicarbonate de soude, savon de marseille, huiles essentielles) pour le lavage des surfaces, comme du linge.
  • Préférez le nettoyage humide des surfaces qui collecte les poussières, plutôt que le balayage et l’essuyage qui remettent en suspension des poussières déposées et facilitent leur inhalation.
  • Protégez vous des inhalations quand vous faites le ménage en utilisant un masque de protection respiratoire.
  • Lavez vous les mains au savon plutôt que d’utiliser du gel hydro alcoolique.
  • Évitez d’utiliser les insecticides contre les insectes volants et rampants, qui sont à base de perturbateurs endocriniens; privilégiez les répulsifs, les pièges, les voiles de protection.
  • Vous pouvez utiliser des aspirateurs équipés de filtres HEPA (Haute Efficacité pour les Particules Aériennes – High Efficiency Particulate Air).
Jardinage et bricolage
  • L’usage des pesticides est interdit aux particuliers dès janvier 2019 (124): le désherbage mécanique et les recettes traditionnelles comme le purin d’ortie seront réhabilitées pour l’engrais des cultures potagères et la répulsion des parasites.
  • Assurez-vous que les émanations du garage où sont entreposés produits toxiques et d’entretien ne contaminent pas l’air intérieur de votre habitation.
Les produits d’hygiène et de beauté
  • Choisissez des produits cosmétiques et d’hygiène Bio norme Cosmos, cosmebio ou ecocert (125), ils excluent les perturbateurs endocriniens.
  • Évitez les filtres UV chimiques, qui contiennent benzophénone, methoxycinnamate, otocrylène, préférez les filtres UV minéraux (qu’il ne faut pas utiliser sous forme de spray sur le visage car l’inhalation de nanoparticules minérales peut être toxique, notamment pour les enfants).
  • Remplacez les déodorants chimiques par de la pierre d’alun ou des huiles essentielles;
  • Pour utiliser des produits d’hygiène et de beauté sans perturbateurs endocriniens, vous pouvez regarder attentivement la composition des cosmétiques, dentifrices, déodorants, mousses à raser, détergents, en utilisant la liste officielle des ingrédients cosmétiques INCI (126).
  • Utilisez l’application “Clean Beauty” (127), qui vous permet d’identifier les ingrédients toxiques à partir d’une photographie de la liste des ingrédients d’un produit.
Sur le plan vestimentaire:
  • Lavez les vêtements après achat avant de les porter car ils peuvent être enduits de produits perturbateurs endocriniens, retardateurs de flamme entre autres;
  • Evitez le PVC et préférez l’EVA (éthylène vinyl acétate) ou le caoutchouc naturel pour les vêtements imperméables et les sandales.
  • Préférez les fibres naturelles aux fibres synthétiques.
  • Evitez les textiles anti bactériens.
  • Utilisez une lessive bio pour le lavage des vêtements.
  • Aérer les vêtements lavés à sec dans le garage ou sur le balcon quelques heures.
  • Pour les enfants, choisissez des vêtements en fibres naturelles, sans imprimés.
Jeux et jouets
  • Evitez les jouets en plastique souple qui peuvent contenir du phtalate, du bisphénol A, entre autres.
  • Lavez les jouets lavables avant usage.
  • Sortez les jouets de leur emballage plusieurs jours avant de les donner aux enfants pour permettre aux substances volatiles de s’éliminer.
  • Evitez que les enfants de moins de 3 ans entrent en contact, et notamment portent à la bouche des jouets qui ne sont pas réservés à leur classe d’âge, car la réglementation exclut certains toxiques uniquement pour les enfants de moins de trois ans.
  • Dépoussiérez les sols et surfaces où évoluent les enfants: les poussières contiennent des composés organiques volatils (COV) perturbateurs enodcriniens (retardateurs de flamme, etc).
  • Il faut exclure tous les jouets fabriqués hors de la Communauté Européenne, car ils n’apportent pas de garantie de non utilisation de produits toxiques interdits en Europe pour leur fabrication (29).
Aménagement de votre habitation
  • Pour vos sols, préférez le carrelage aux linos et moquettes qui contiennent du bisphénol A, et des retardateurs de flamme, particulièrement si vous avez des enfants en bas âge, qui se trainent par terre.
  • Les parquets vernis et cirés dégagent des solvants toxiques, qui nécessitent une aération importante.
  • Pour vos meubles, préférez le bois plein aux meubles agglomérés ou contre plaqués, dont les colles contiennent des COV, notamment du formaldehyde.
  • Les canapés et meubles en tissus sont enduits de retardateurs de flamme; leur décomposition en poussières solides inhalée est toxique; le dépoussiérage de la pièce doit être rigoureux, surtout en présence d’enfants.
  • Choisissez un matelas en coton bio ou fibres naturelles bio plutôt que synthétiques, afin d’éviter les retardateurs de flamme.
  • Triez vos déchets et participez ainsi au recyclage des plastiques, codes 1 et 2.
Assainissement de l’air intérieur
  • Eteignez les appareils électriques la nuit car ils contiennent des retardateurs de flamme.
  • Aérez plusieurs heures par jour les pièces dont le mobilier est neuf ou dont les peintures ont été refaites récemment.
  • N’utilisez pas en intérieur des peintures prévues pour un usage extérieur.
  • Aérez votre habitat pendant et après le ménage, le cirage des meubles et des parquets.
  • Evitez l’utilisation de sprays dépoussiérants, de désodorisants d’intérieur, de cires vaporisables.
  • N’utilisez pas d’insecticides pour protéger vos vêtements; préférez des solutions naturelles comme des huiles essentielles, des billes en bois de cèdre, un bouquet de lavande sous tissu.
  • N’utilisez pas de bâtons d’encens ou de papier d’arménie.
  • Laissez un meuble récemment acheté plusieurs semaines dans le garage ou sur un balcon (émanation de formaldéhyde) avant de l’installer dans votre habitation, sauf s’il s’agit d’un meuble ancien.
  • Ne faites pas dormir un enfant dans une pièce récemment peinte ou meublée. Préparez plusieurs mois à l’avance la chambre d’un nouveau né.
  • Aérez l’intérieur de votre habitation chaque jour, spécialement en hiver, où le chauffage accélère l’évaporation des COV.
  • Evitez le chauffage au bois qui dégage beaucoup de perturbateurs endocriniens, pour votre famille et pour votre environnement.
  • Isolez votre logement du garage, ou de la cave, évitez les émissions de gaz d’échappement dans le garage, et n’entreposez pas de grandes quantités de colles et de peintures.
  • Etendez vos mesures de protection hors de votre domicile dans la mesure du possible, notamment lors de séjours prolongés dans la famille ou en vacances.
  • Aérez également régulièrement votre véhicule, particulièrement lorsqu’il est neuf: l’odeur de plastique neuf correspond aux émanations toxiques de formaldehyde.
  • N’arrêtez pas les systèmes de ventilation mécanique (VMC).
  • Ne bouchez pas les ouvertures d’aération ou ne les cachez pas derrière un meuble ou un revêtement, veillez à les maintenir propres.
  • Veillez à ce qu’il y ait toujours un espace de 2 cm sous les portes pour permettre à l’air de passer.
  • Faites faire un entretien complet de votre VMC tous les 3 ans environ.
  • Utilisez et entretenez votre hotte de cuisine (nettoyez et changez les filtres régulièrement.
  • Certaines plantes contribuent à l’assainissement de l’air intérieur, voir ce document de l’ADEME (128).
Mesures de protection de l’enfant à naître

Etape cruciale par la gravité des conséquences possibles, la grossesse est une période critique qui justifie des précautions maximales de la famille pour protéger le foetus des sources de contamination, notamment en éloignant la future mère des ingrédients suspects: détergents, pollution aérienne des hydrocarbures et du tabac, exposition professionnelle à des agents chimiques

Il faut réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens dès la période péri-conceptionnelle, pendant toute la grossesse et au cours de l’allaitement.
Avant même la grossesse, lorsque celle-ci est anticipée, vous pouvez entreprendre de réduire l’ exposition aux perturbateurs endocriniens de la mère et du père, via les aliments, les produits cosmétiques, etc.

Dès le projet de grossesse, la future mère devrait effectuer un bilan thyroïdien chez son médecin, afin de s’assurer qu’elle ne pâtit pas d’une hypothyroïdie à bas bruit, et prendre un complément alimentaire multivitaminé comprenant une dose quotidienne de 100 microgramme d’iode par jour pendant toute la durée de la grossesse et de l’allaitement. Attention, le sel de mer ne contient pas suffisamment d’iode, qui est volatile sous cette forme, il faut donc choisir un sel enrichi en iode pour s’assurer de la couverture des besoins quotidiens de la mère et de l’enfant à naître. En effet, la diminution sensible du QI des enfants nés en occident depuis 25 ans est imputable à une altération de la fonction thyroïdienne, liée aux perturbateurs endocriniens de notre environnement. Retards de développements, syndrome d’hyper activité avec déficit attentionnel, troubles du spectre autistique, sont en plein essor, et corrélés à cette dysfonction thyroïdienne pendant la période foetale et la petite enfance.

Pendant la grossesse, il est recommandé que la maman ne perde pas de poids, car l’organisme stocke des substances toxiques dans les cellules graisseuses, et celles-ci relarguent leur contenu dans la circulation sanguine quand le corps puise dans ses réserves.

Toutes ces précautions doivent être maintenues au moins jusqu’à la fin de l’allaitement, car le bébé et le jeune enfant restent extrêmement vulnérables vis à vis des perturbateurs endocriniens. Le risque des malformations congénitales écarté, n’exclut pas celui des troubles du comportement, ni de l’obésité, du diabète et de l’hypofertilité.

Mesures de protection individuelle et pour le foetus

Outre l’éviction par la future mère des diverses sources de contamination par des perturbateurs endocriniens détaillées ci-dessous, la préparation d’un environnement sain pour la chambre du bébé est une mesure importante. Repeindre et remeubler la chambre devrait avoir lieu quelques mois avant la naissance de l’enfant, afin de permettre l’évaporation du formaldehyde et autres COV (composés orgniques volatils) des meubles et sols. Aérer la pièce le plus possible pendant cette période protégera d’ailleurs toute la famille. Plus encore que pour les chambres d’adultes, privilégiez les fibres naturelles (bois, coton, laine) aux matières synthétiques, pour l’aménagement de la chambre comme pour les vêtements du bébé.

Vérifiez l’origine de tous les objets destinés au bébé et rejetez ceux fabriqués hors de la Communauté européenne, qui n’apportent pas de garantie de non utilisation de produits toxiques interdits en Europe pour leur fabrication.

Mesures de protection de la fertilité masculine et du taux de testostérone de la conception à l’âge adulte

De nombreux médicaments altèrent l’équilibre hormonal masculin

Ces médicaments augmentent le taux d’oestrogènes ou diminuent le taux de testostérone ; ils ne doivent être utilisés qu’à bon escient sur indication médicale :

  • Les antalgiques et anti-inflammatoires comme l’aspirine, le paracétamol, et les anti inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène (30), utilisés contre les douleurs légères et les réactions inflammatoires ;
  • Les femmes enceintes ne doivent pas consommer d’aspirine pendant le dernier trimestre de leur grossesse sauf avis médical dûment spécifié, pour protéger le fœtus ;
  • Les inhibiteurs des récepteurs H2 (Tagamet®, Zantac®), utilisés dans les reflux gastro-oesophagiens ;
  • Les benzodiazépines (Valium®, Xanax®), utilsées pour calmer l’anxiété et faciliter l’endormissement ;
  • Des médicaments pour le cœur à base de digoxine (Lanoxin®, Norvasc®) ;
  • Certains antibiotiques (Ketoconazole, Metronidazole), pour des indications anti-infectieuses ;
  • Le diurétique spironolactone ;
  • Les stéroïdes anabolisants, utilisés par certains sportifs et bodybuilders, car ils entrainent une production élevée d’oestrogènes et une perturbation endocrinienne majeure.
  • Le sulpiride, un antipsychotique, diminue le taux de testostérone de 50% en quelques semaines (45)
  • Le pioglitazone, un médicament utilisé dans le diabète de type 2 pour diminuer la glycémie, affecte également négativement le taux de sécrétion de la testostérone dès 6 mois d’utilisation (46).
  • Les statines, utilisées en prévention des maladies cardio-vasculaires provoquent une diminution sensible du taux de testostérone chez les patients (47).
  • Les parabènes sont les conservateurs de nombreux médicaments : codotussyl, biafine, fluocaril, mégamylase, et sont des perturbateurs endocriniens.

Les hormones de synthèse (contraceptifs et traitement hormonal substitutif), mais aussi les traitements hormonaux des animaux d’élevage contaminent les eaux usées et ont un effet perturbateur endocrinien sur les organismes masculins par l’intermédiaire des eaux de boisson, du robinet et minérales (31).

Certains aliments contiennent ou favorisent la production d’oestrogènes et doivent être évités par les hommes

  • Le lait de vache contient des quantités importantes d’oestrogènes, qui s’ajoutent, dans l’organisme humain aux oestrogènes produits naturellement par celui-ci, ainsi qu’aux autres sources alimentaires et chimiques, qui s’additionnent jusqu’à des niveaux potentiellement toxiques (32). Une revue de littérature publiée en octobre 2018 par Majdic et Sjon (33) établit la difficulté d’affirmer un risque majoré de cancer pour l’adulte qui consomme du lait modérément*, mais confirme l’absence de données scientifiques concernant les jeunes enfants et les garçons prépubères en particulier. Les auteurs ajoutent que les oestrogènes naturellement présents dans le lait des vaches enceintes, s’additionnent aux effets oestrogéniques de polluants tels que les PCB dans ce même lait, et aux autres oestrogènes ingérés par les individus, tous effets qui n’ont pas été étudiés dans cette méta-analyse.
  • Ainsi, conformément aux conseils de prudence de Majdic et Sjon (33), on recommande aux futures mères de s’abtstenir de la consommation de lait (entier ou écrémé) pendant la durée de leur grossesse, par précaution pour le fœtus, et l’on recommande l’évitement du lait de vache pour le bébé et le jeune enfant, dans l’attente de résultats scientifiques concluants sur l’absence de majoration du risque de cancer et d’hypofertilité.
  • Les produits contenant du soja (36), ne devraient pas être consommés par les hommes, car ils diminuent leur production de spermatozoïdes;
  • Les abats et les foies d’animaux issus d’élevage conventionnel sont chargés en toxiques ; ils doivent donc être évités, ainsi que la charcuterie qui en est dérivée (terrines, pâtés, foie gras).
  • Le houblon présent dans la bière, notamment la bière IPA, favorise la production d’oestrogènes (37) et ne devrait pas être consommée en excès par les hommes, (12).
  • Les fruits et légumes non recouverts d’une peau épaisse, comme la salade, la tomate, le concombre, les fraises, les cerises, les pêches, sont le plus susceptibles d’être contaminés par des perturbateurs endocriniens sous forme de résidus de pesticides : il faut leur préférer la forme bio, signalée AB, ou les rincer, et les éplucher.
  • L’alcool, au-delà de 2 verres de vin par jour, impacte négativement la testostérone (58).
  • Le tabagisme altère la production de spermatozoïdes, par l’effet propre du tabac et des substances chimiques qui lui sont ajoutées, et qui sont des perturbateurs endocriniens (60). L’arrêt du tabagisme permet d’obtenir une normalisation du spermogramme.

Quels sont les besoins nutritionnels en rapport avec la production de testostérone?

  • Les aliments non transformés, frais, d’origine locale et certifiés Agriculture Biologique sont moins susceptibles d’être contaminés par des pesticides, des additifs, aux effets perturbateurs endocriniens. C’est une règle de vie générale qui doit vous inciter à plutôt cuisiner vous même des aliments choisis pour leur qualité.
  • Besoins en graisses: les acides gras saturés et mono insaturés sont utiles pour la production de testostérone: les oeufs, les avocats, l’huile d’olive, trouvent leur place dans une alimentation pro-testostérone;
  • Besoins en protéines: une alimentation riche en protéines et en graisses soutient la production de testostérone et de spermatozoïdes, même dans un contexte d’inflammation chronique défavorable (59);
  • Besoins en vitamines: il faut des apports suffisants en vitamine D pour synthétiser la testostérone: l’essentiel provient de l’exposition de la peau au soleil d’avril à octobre; pendant les mois d’hiver il faut compléter ses besoins par une alimentation riche en huiles de poisson, voire une supplémentation en cholecalciferol au creux de l’hiver;
  • Besoins en oligo-éléments:
    • Des apports suffisants en zinc, provenant du foie de veau, des huïtres, du bœuf braisé, du pain de seigle, des amandes, de la ricotta,
    • Des apports suffisants en sélénium, présent dans les poissons (thon, sardines), les noix du brésil, les huïtres (encore), les champignons shiitake,
    • Des apports suffisants en cuivre, présent dans le foie de veau (bio) et les huîtres, dans les légumineuses (lentilles, haricots rouges), les artichauds cuits, les champignons de Paris,
    • Des apports suffisants en bore, présent dans les avocats, les légumes à feuilles (choux, céleris), les noix, le chocolat, sont nécessaires à la synthèse de la testostérone,
    • Des apports suffisants en iode pendant la grossesse, sous forme de sel iodé, peuvent protéger le fœtus vis-à-vis des altérations de la fonction thyroïdienne, provoquées par les perturbateurs endocriniens (57). La future mère pourrait s’assurer au moins qu’elle ne présente pas d’altération de la fonction thyroïdienne au moment d’entamer une grossesse (56).

Quels sont les aliments qui apportent ces nutriments utiles pour la production de testostérone ?

  • Les oeufs : Les acides gras oméga-3, les acides gras saturés, la vitamine D, le cholestérol et les protéines contenus dans les œufs sont tous essentiels à la production de testostérone.
  • L’ail: L’allicine qu’on trouve dans l’ail réduit les niveaux de cortisol, favorisant indirectement le taux de testostérone;
  • Les asperges: sont riches en acide folique, en potassium et en vitamine E, essentiels à la bonne production de testostérone.
  • Les bananes: contiennent de la bromélaïne, qui stimule la production de testostérone.
  • Les huîtres: Les huîtres sont très riches en zinc, et apportent également sélénium et cuivre;
  • Le saumon sauvage: Les chercheurs de l’université de Graz en Autriche ont trouvé que le saumon sauvage peut réduire le niveau de SHBG (globuline liée aux hormones sexuelles) qui rend la testostérone indisponible.
  • L’avocat: Les chercheurs américains de la Penn State University ont découvert que les hommes qui consomment beaucoup de lipides monoinsaturés – qu’on trouve dans les avocats, les fruits secs et l’huile végétale – ont moins de cholestérol LDL et plus de testostérone.

Les huîtres : pour leurs apports en oligo-éléments, à pondérer malheureusement avec celui des métaux lourds qui les contaminent aujourd’hui.

Quels sont les aliments qui bloquent la synthèse d’oestrogènes :

  • Les champignons comme le shiitake, les champignons de Paris, les pleurotes, bloquent l’enzyme aromatase qui favorise la transformation de testostérone en oestrogène (38) ;
  • Le raisin rouge, grâce au resvératrol de sa peau et aux proanthocyanidines de ses pépins, bloque la synthèse d’oestrogène (39) ;
  • Le thé vert, grâce à ses polyphenols (40) ;
  • La grenade (41) ;
  • Les agrumes: peuvent diminuer le niveau d’œstrogène (42);
  • Les choux: contiennent de l’indole-3-carbinol, qui fait diminuer le niveau d’œstrogène (l’hormone féminine) au profit de la testostérone, ainsi que le brocolis, choux fleurs, choux de Bruxelles (35).

Quels compléments alimentaires peuvent soutenir la production de testostérone?

  • l’extrait de racine d’ortie préserve le taux de testostérone en empêchant le mécanisme biochimique qui conduit à sa transformation en oestrogène, qui tend à croître avec l’âge (34). Ainsi cette plante présente un effet anti oestrogénique, qui semble être à l’origine de son indication principale: le traitement de l’hypertrophie de la prostate.
  • Le ginseng coréen stimule la spermatogenèse et peut contribuer à lutter contre l’hypofertilité masculine (43). Il pourrait même réduire les effets reprotoxiques du BPA et des phtalates, selon une étude conduite sur des femelles rats (54) pendant leur grossesse.
  • Une herbe japonaise, le “saikokaryukotsuboreito” a des effets positifs sur la sécrétion de testostérone (48)
  • Le sildenafil, médicament utilisé dans la dysfonction érectile, induit également une élévation ponctuelle du taux de testostérone (49).

Le mode de vie peut-il influencer la production de testostérone?

La composition corporelle est un facteur clé du maintien d’un taux de testostérone élevé. Les cellules graisseuses de l’organisme contiennent l’enzyme aromatase qui transforme la testostérone en oestrogène, aussi l’augmentation des réserves en graisse chez l’homme entraine une diminution de la testostérone, et une hypofertilité (55).

La qualité et la durée du sommeil influencent directement la production de testostérone, qui est sécrétée durant la nuit, et atteint son pic de sécrétion au réveil. La privation de sommeil entraine une réduction immédiate de la sécrétion de testostérone, et la récupération du taux initial est longue (44). Privilégier la durée du sommeil est un facteur important pour le maintien du taux de testostérone.

L’exercice physique aérobie, type course à pied, natation, cyclisme, améliore le taux de testostérone (50); mais l’exercice de la force produit un effet plus important encore, notamment en raccourcissant l’intervalle de repos entre deux séries d’exercice (51). L’exercice de la force (anaérobie) permet même de restaurer le taux de testostérone d’hommes âgés (52). L’exercice physique impacte sensiblement la production de testostérone, et l’entraînement de la force devrait compléter la pratique d’exercices d’endurance, à visée plutôt cardio-vasculaire (53).

Les sous-vêtements ne devraient pas mouler les testicules, mais leur permettre de conserver une température légèrement inférieure à celle du corps, optimale pour la production de spermatozoïdes.

Enfin, une bonne gestion du stress est corrélée à des taux élevés de testostérone. En elle-même la testostérone est un facteur de protection vis à vis du stress, car elle apporte la confiance en soi qui permet d’aborder plus sereinement les situations ressenties comme dangereuses, et les échecs (61).

Quelles mesures sont-elles envisageables au-delà de l’aménagement de l’ environnement immédiat?

Au-delà des mesures de protection personnelle, une amélioration de l’environnement par des initiatives est possible, grâce à des mesures aussi bien individuelles que collectives à travers l’action associative, notamment. Nous vous proposons ici quelques pistes d’action, afin de ne plus subir passivement les conséquences néfastes des perturbateurs endocriniens.

Agissez en consommateur éclairé

Le “veau aux hormones”, l’encéphalopathie spongiforme bovine (scandale de la “vache folle”), les “plats cuisinés à la viande de cheval”, sont des cas d’espèce qui ont démontré la puissance “systémique” des consommateurs sur l’industrie agro-alimentaire. Comme dans le vote politique, la décision n’existe qu’à l’échelle individuelle, et pourtant, elle désigne les élus et fait s’effondrer des marchés.

  • En tant que consommateur, vous votez avec votre porte monnaie: choisissez donc avec soin les produits, les marques, les enseignes, etautant que possible, faites connaître les raisons de votre choix.
  • Demandez à votre boucher, fromager, etc, d’où vient le plastique de son papier d’emballage et notamment s’il est bio; il y a une grande variété de cires, parafines et silicones, d’origine végétale ou synthétique, des plus sains aux plus exposants en matière de perturbateurs endocriniens, dans la composition des papiers alimentaires. Vous lui ferez peut-être découvrir ce sujet, qui le concerne autant que vous en tant que personne, ou bien vous aurez peut-être une bonne surprise en apprenant qu’il a déjà pris l’initiative d’un papier d’emballage sain pour ses clients.
  • Préférez les producteurs maraîchers qui font la démarche de l’agriculture bio ou raisonnée, et produisent des fruits et légumes sains, dont vous pouvez consommer la peau où se trouvent concentrés les micronutriments.
  • Sur les marchés, préférez les stands qui proposent des produits bio, raisonnés, locaux, et faites connaître vos préférences aux marchands.
  • Demandez dans les magasins des ustensiles en plastique sans Bisphénol A et sans phtalates.
  • Appelez les services consommateurs de marques d’ustensiles de cuisine, pour leur demander si leurs produits sont garantis sans phtalates ni bisphenol, avant d’acheter un mixeur, un cuit-vapeur, une bouilloire électrique, etc. Sans faire de publicité ici, certaines marques font la différence.
  • Faites savoir aux vendeurs des magasins de jouets, de meubles, de cuisine, de revêtements de sol, etc, que vous cherchez des produits garantis sans perturbateurs endocriniens. L’information remontera, les fabricants et les distributeurs s’adapteront à cette demande.

Engagez vous dans l’action collective

C’est ici que le réseau associatif devient un relais important de l’action citoyenne. Voici quelques associations françaises qui agissent en faveur de la réduction de l’exposition des personnes aux perturbateurs endocriniens. Soutenez-les ou rejoignez leurs rangs si vous en avez la possibilité.

Le Réseau Environnement Santé (131) est à l’origine d’une charte : Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens. Il regroupe 30 associations et vise la mobilisation des acteurs politiques sur la protection d el’environnement et de la santé.

L’association Santé Environnement France (129) a pour objet d’informer sur l’impact de tous les polluants sur la santé: elle produit des documents, des guides, réalise des enquêtes, propose des conférences, elle travaille sur tous les sujets en lien avec la santé et l’environnement.

L’association Générations-Futures (130) agit contre les méthodes agricoles et industrielles qui ont des conséquences néfastes pour la santé, réalise des enquêtes, des guides, des campagnes d’information, et poursuit des actions devant toutes les juridictions pour faire évoluer les législations dans le sens d’une meilleure prise en compte de la santé. Elle vous permet d’interpeller vos élus sur des amendements.

L’association Que choisir (132) a réalisé un dossier et des enquêtes sur les perturbateurs endocriniens. On ne présente plus cette association engagée dans l’information et la défense des consommateurs, à travers de nombreuses enquêtes et analyses des produits sur le marché.

Le think tank de Primum non nocere (133) vise un lobbying citoyen, afin de mobiliser la population sur les questions d’environnement. Il est créé par l’agence Primum non nocere, spécialisée en responsabilité sociale de l’entreprise.

L’association Le Lien (134) accompagne les victimes, les patients et les usagers de la santé dans toutes leurs démarches.

L’association Agir pour l’Environnement (135) élabore des campagnes avec des pétitions sur toutes les questions qui intéressent la protection de l’environnement, et notamment les perturbateurs endocriniens.

L’association Alerte des médecins sur les pesticides (136) a pour objet la protection de la santé et d el’environnement face aux risques représentés par les pesticides.

Le manifeste des associations a rassemblé en 2013 30 associations françaises sur la mise en place de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Vous pouvez identifier tous les acteurs impliqués dans la lutte pour un environnement plus sain sur cette page.

Enfin, l’Institut d’Hygiologie (137) a pour objet de promouvoir la santé comme enjeu majeur de la vie de la Cité, qui nous concerne tous, particuliers, pouvoirs publics et entreprises. Votre adhésion, participation aux actions bénévoles ou aide financière sont hautement appréciées!

Excellente santé!